youtube renaud
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Petite fille des sombres rues
Non, ne crois pas, fillette,
me retenir encore
dans tes rues sans violettes,
dans ton triste décor.
N'essaie pas de me suivre,
déserte mes rivages,
loin de toi, je veux vivre
de plus beaux paysages.
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
J'ai trop longtemps vécu
dans de pauvres ruelles,
trop longtemps attendu
un dernier arc-en-ciel.
J'ai besoin de soleil
et d'horizons moins gris,
je veux voir les merveilles
que, près de toi, j'oublie.
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
Je ne suis pas de ceux
que chasse la lumière,
et qui vivent heureux
un éternel hiver
De l'amour je ne veux
que les filles des rivières,
lorsque j'aime les yeux,
j'aime aussi la chaumière.
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
Nos chemins se séparent,
entends, la vie m'appelle,
je quitte tes trottoirs
et tes grises dentelles.
Je pars pour des royaumes
où l'on m'attend peut-être,
où le bonheur embaume,
et donne un air de fête.
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
Laisse-moi m'en aller,
je n'ai plus rien à dire,
mais si tu veux pleurer,
n'essaie pas de sourire.
Retourne dans ta nuit,
au fond de tes faubourgs,
retourne dans l'ennui
qui habite tes jours.
Petite fille des sombres rues, éloigne-toi,
Petite fille aux yeux perdus, tu m'oublieras.
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Morts les enfants
Chiffon imbibé d'essence,
Un enfant meurt en silence
Sur le trottoir de Bogotá
On ne s'arrête pas
Dechiqu'tés aux champs de mines,
Décimés aux premières lignes
Morts les enfants de la guerre
Pour les idées de leur père
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et grabataires
Se partagent l'univers
Morts les enfants de Bopale,
Industrie occidentale
Parti dans les eaux du Gange,
Des avocats s'arrangent
Morts les enfants de la haine
Près de nous où plus lointaine
Morts les enfants de la peur
Chevrotine dans le cœur
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles et militaires
Se partagent l'univers
Morts les enfants du Sahel,
On accuse le soleil
Morts les enfants de Seveso,
Morts les arbres, les oiseaux
Morts les enfants de la route,
Dernier week-end du mois d'août
Papa picolait sans doute
Deux ou trois verres, quelques gouttes
Bal à l'ambassade,
Quelques vieux malades
Imbéciles les tortionnaires
Se partagent l'univers
Mort l'enfant qui vivait en moi,
Qui voyait en ce monde-là
Un jardin, une rivière
Et des hommes plutôt frères
Le jardin est une jungle,
Les hommes sont devenus dingues
La rivière charrie les larmes,
Un jour l'enfant prend une arme
Bal sur l'ambassade,
Attentat grenade
Hécatombe au ministère
Sur les gravats, les grabataires
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Miss Maggie
Femme du monde ou bien putain
Qui bien souvent êtes les mêmes
Femme normale, star ou boudin,
Femelles en tout genre je vous aime
Même à la dernière des connes,
Je veux dédier ces quelques vers
Issus de mon dégoût des hommes
Et de leur morale guerrière
Car aucune femme sur la planète
N' s'ra jamais plus con que son frère
Ni plus fière, ni plus malhonnête
A part peut-être Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Lorsque le sport devient la guerre
Y a pas de gonzesse ou si peu
Dans les hordes de supporters
Ces fanatiques, fous-furieux
Abreuvés de haines et de bières
Déifiant les crétins en bleu,
Insultant les salauds en vert
Y a pas de gonzesse hooligan,
Imbécile et meurtrière
Y'en a pas même en grande Bretagne
A part bien sûr Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Une bagnole entre les pognes
Tu n' deviens pas aussi con que
Ces pauvres tarés qui se cognent
Pour un phare un peu amoché
Ou pour un doigt tendu bien haut
Y'en a qui vont jusqu'à flinguer
Pour sauver leur autoradio
Le bras d'honneur de ces cons-là
Aucune femme n'est assez vulgaire
Pour l'employer à tour de bras
A part peut être Madame Thatcher
Femme je t'aime parce que
Tu vas pas mourir à la guerre
Parc' que la vue d'une arme à feu
Fait pas frissonner tes ovaires
Parc' que dans les rangs des chasseurs
Qui dégomment la tourterelle
Et occasionnellement les Beurs,
J'ai jamais vu une femelle
Pas une femme n'est assez minable
Pour astiquer un revolver
Et se sentir invulnérable
A part bien sûr Madame Thatcher
C'est pas d'un cerveau féminin
Qu'est sortie la bombe atomique
Et pas une femme n'a sur les mains
Le sang des indiens d'Amérique
Palestiniens et arméniens
Témoignent du fond de leurs tombeaux
Qu'un génocide c'est masculin
Comme un SS, un torero
Dans cette putain d'humanité
Les assassins sont tous des frères
Pas une femme pour rivaliser
A part peut être Madame Thatcher
Femme je t'aime surtout enfin
Pour ta faiblesse et pour tes yeux
Quand la force de l'homme ne tient
Que dans son flingue ou dans sa queue
Et quand viendra l'heure dernière,
L'enfer s'ra peuplé de crétins
Jouant au foot ou à la guerre,
A celui qui pisse le plus loin
Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre
Et comme réverbère quotidien
Je m'offrirai Madame Thatcher
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Me jette pas
Ben tu vois
Même moi
J'ai craqué
J'ai glissé
Quelquefois
Qu'est-c' tu crois ?
Qu' j' suis en bois ?
Qu' ces pisseuses
Aguicheuses
Me laissent froid ?
Même moi
Qu'est-c' tu crois ?
Qu' j' suis un ange ?
Qu' ça m' démange
Pas un peu ?
Déteste-moi
Mon amour
J'aimerai ça
Pas toujours
Mais un peu
Mais me jette pas
J' suis consigné chez toi
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
Tu r'marqueras
Qu' j'ai pas nié
Pris la main
Dans l' panier
J'ai avoué
J'ai pas dit
C'est pas moi
Cette fille j' la
Connais pas
J' la connais
Après tout
Tu t'en fous
Tu savais
Qu' la vie est
Dégueulasse
Que l'amour
Dure toujours
Et qu' c'est là
Qu'est parfois
L'angoisse
Mais me jette pas
N'existe pas sans moi
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
T'as raison
Les hommes sont
Des salauds
Des pas beaux
C'est pour ça
Que j' préfère
Les nanas
J' les préfère
Un peu trop
Quelquefois
Tu m' dis qu' toi
C' que t'aimes pas
C'est l' mensonge
Que ça t' ronge
Et qu' tu meurs
Moi c'est la
Vérité
Qu' j' trouve triste
A pleurer
Et je pleure
Mais me jette pas
J' me f'rai tout p'tit, tout plat
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
Y a pas d'ange
Sur cette terre
A part dans
Les cimetières
Les églises
Y a qu' des types
Comme il faut
Vec leur bite
Leur couteau
Sous la ch'mise
J' suis qu' un mec
Fais avec
Mais fais pas
Comme moi
Mon amour
Où à peine
Pour t' venger
Mais sans haine
Sans regret
Sans amour
Mais me jette pas
Moi non plus je m'aime pas
Me jette pas
Ou jette-toi avec moi
{2x}
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Le p'tit bal du samedi soir
Dans le vieux faubourg,
tout chargé d'amour
près du pont de La Vilette,
un soir je flanait,
un refrain trainait,
un air de valse-musette.
Comme un vieux copain,
me prenant la main,
Il m'a dit : " viens ! "
Pourquoi le cacher ?
Ma foi j'ai marché
et j'ai trouvé ...
Le p'tit bal du sam'di soir
où le cœur plein d'espoir,
dansent les midinettes.
Pas de frais pour la toilette,
pour ça vous avez l'bonsoir.
Mais du bonheur plein les yeux
de tous les amoureux
ça m'a touché c'est bête,
je suis entré dans la fête
l'air digne et le cœur joyeux.
D'ailleurs il ne manquait rien,
y avait tout c'qui convient
des moules et du vin rouge.
Au troisième flacon ça bouge,
Au quatrième on est bien ...
Alors il vaut mieux s'asseoir,
le patron vient vous voir
et vous dis " c'est la mienne "
et c'est comme ça toutes les semaines.
Au p'tit bal du sam'di soir.
Vous l'avez d'viné,
j'y suis retourné,
maint'nant je connais tout l'monde.
Victor et Titi,
Fernand le tout p'tit
Nenesse et Mimi la blonde.
D'ailleurs de beaux yeux,
y'en a tant qu'on veut,
Y vont par deux.
Et v'la qu'dans les coins,
on est aussi bien
qu'au " Tabarin ".
Au p'tit bal du sam'di soir
où le cœur plein d'espoir,
dansent les midinettes.
Pas de frais pour la toilette,
pour ça vous avez l'bonsoir.
Mais du bonheur des aveux
car tous les amoureux
se montent un peu la tête.
Quand l'accordéon s'arrête,
ils vont s'asseoir deux par deux.
De temps en temps un garçon,
pousse une petite chanson,
ça fait rêver les filles.
Dans l'noir y a des yeux qui brillent
on croirait des p'tit lampions.
Oui des lampions merveilleux
du carnaval joyeux
de la fête éternelle.
On serre un peu plus sa belle,
Au p'tit bal du sam'di soir.
Un dimanche matin,
avec Baptistin,
c'est le patron d'la guinguette.
On s'est attablé,
et nous avons joué
au ch'min d'fer en tête a tête.
Comme il perdait trop,
il a joué l'bistrot,
j'ai dit " banco " !
J'ai gagné, ma foi
et depuis trois mois,
il est à moi ...
Le p'tit bal du sam'di soir
où le cœur plein d'espoir,
dansent les midinettes.
Pas de frais pour la toilette,
pour ça vous avez l'bonsoir.
Mais du bonheur plein les yeux
de tous les amoureux
ça m'a touché c'est bête,
je suis entré dans la fête
l'air digne et le cœur joyeux.
Baptistin dans l'occasion,
n'avait plus d'situation
en perdant sa boutique.
Mais comme il m'est sympathique,
alors j'l'ai pris comme garçon.
Et c'est lui qui sert à boire
aux amoureux dans l'noir
dans la barraque en planches.
Du sam'di jusqu'au dimanche,
Au p'tit bal du sam'di soir
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
La teigne
L'était bâti comme un moineau
Qu'aurait été malade.
A la bouche, derrière son mégot,
y' avait des gros mots en cascades.
L'était pas bien gros c't' asticot,
mais c'était une vrai boule de haine,
On lui filait plein d' noms d'oiseaux.
Même ceux qui l' connaissaient qu'à peine
L'appelaient la teigne.
Il avait pas connu ses vieux,
Il était d' l'Assistance,
Ce genre d'école, pour rendre joyeux,
C'est pas vraiment Byzance.
D'ailleurs on lisait dans ses yeux
Qu' pour qu'y soit bien fallait qu'on l' craigne,
Si tu rentrais pas dans son jeux,
Putain ! C' que tu r'cevais comme beignes,
C'était une teigne.
Avec les gonzesse, les mich'tons,
L'était encore plus vache :
J' te pique tes sous, j' te fous des gnons,
Tu tombes amoureuses et j' m'arrache.
Pour sa p'tite gueule, ses poings d' béton,
Plus d'une se serait jetée à la Seine,
Elles lui parlaient d'amour, d' passion,
Y répondait pas des châtaignes,
C'était une teigne.
L'avait pas fêté ses vingt berges
Quand, une nuit de novembre,
On l'a r'trouvé raide comme un cierge,
Pendu au beau milieu d' sa chambre.
Si y a un bon Dieu, une Sainte Vierge,
Faut qu'ils l'accueillent à leur enseigne,
Parc' qu'avant d' passer sur l'autr' berge
Y m'avait dit personne ne m'aime,
J' suis qu'une pauv' teigne.
Mais moi qui l'ai connu un peu,
Quand parfois j'y repense,
putain ! C' qu'il était malheureux,
Putain ! C' qu'y cachait comme souffrance
Sous la pâle blondeur de se frange,
Dans ses yeux tristes, dans sa dégaine.
Mais j' suis sûr qu'au ciel c'est un ange,
Et quand j' pense à lui mon cœur saigne.
Adieu la teigne...
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Hexagone
Ils s'embrassent au mois de Janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même :
tous des tocards, tous des faux culs.
Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne,
la France est un pays de flics,
à tous les coins d'rue y'en a 100,
pour faire règner l'ordre public
ils assassinent impunément.
Quand on exécute au mois d'mars,
de l'autr' côté des Pyrénées,
un arnachiste du Pays basque,
pour lui apprendre à s'révolter,
ils crient, ils pleurent et ils s'indignent
de cette immonde mise à mort,
mais ils oublient qu'la guillotine
chez nous aussi fonctionne encore.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas c'qu'on fait d'mieux en c'moment,
et le roi des cons, sur son trône,
j'parierai pas qu'il est all'mand.
On leur a dit, au mois d'avril,
à la télé, dans les journaux,
de pas se découvrir d'un fil,
que l'printemps c'était pour bientôt,
les vieux principes du seizième siècle,
et les vieilles traditions débiles,
ils les appliquent tous à la lettre,
y m'font pitié ces imbéciles.
Ils se souviennent, au mois de mai,
d'un sang qui coula rouge et noir,
d'une révolution manquée
qui faillit renverser l'Histoire,
j'me souviens surtout d'ces moutons,
effrayés par la Liberté,
s'en allant voter par millions
pour l'ordre et la sécurité.
Ils commémorent au mois de juin
un débarquement d'Normandie,
ils pensent au brave soldat ricain
qu'est v'nu se faire tuer loin d'chez lui,
ils oublient qu'à l'abri des bombes,
les Francais criaient "Vive Pétain",
qu'ils étaient bien planqués à Londres,
qu'y avait pas beaucoup d'Jean Moulin.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est pas la gloire, en vérité,
et le roi des cons, sur son trône,
me dites pas qu'il est portugais.
Ils font la fête au mois d'juillet,
en souv'nir d'une révolution,
qui n'a jamais éliminé
la misère et l'exploitation,
ils s'abreuvent de bals populaires,
d'feux d'artifice et de flonflons,
ils pensent oublier dans la bière
qu'ils sont gourvernés comme des pions.
Au mois d'août c'est la liberté,
après une longue année d'usine,
ils crient : "Vive les congés payés",
ils oublient un peu la machine,
en Espagne, en Grèce ou en France,
ils vont polluer toutes les plages,
et par leur unique présence,
abîmer tous les paysages.
Lorsqu'en septembre on assassine,
un peuple et une liberté,
au cœur de l'Amérique latine,
ils sont pas nombreux à gueuler,
un ambassadeur se ramène,
bras ouverts il est accueilli,
le fascisme c'est la gangrène
à Santiago comme à Paris.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
c'est vraiment pas une sinécure,
et le roi des cons, sur son trône,
il est français, ça j'en suis sûr.
Finies les vendanges en octobre,
le raisin fermente en tonneaux,
ils sont très fiers de leurs vignobles,
leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux",
ils exportent le sang de la terre
un peu partout à l'étranger,
leur pinard et leur camenbert
c'est leur seule gloire à ces tarrés.
En Novembre, au salon d'l'auto,
ils vont admirer par milliers
l'dernier modèle de chez Peugeot,
qu'ils pourront jamais se payer,
la bagnole, la télé, l'tiercé,
c'est l'opium du peuple de France,
lui supprimer c'est le tuer,
c'est une drogue à accoutumance.
En décembre c'est l'apothéose,
la grande bouffe et les p'tits cadeaux,
ils sont toujours aussi moroses,
mais y a d'la joie dans les ghettos,
la Terre peut s'arrêter d'tourner,
ils rat'ront pas leur réveillon;
moi j'voudrais tous les voir crever,
étouffés de dinde aux marrons.
Etre né sous l'signe de l'hexagone,
on peut pas dire qu'ca soit bandant
si l'roi des cons perdait son trône,
y aurait 50 millions de prétendants.
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Gueule d'aminche
Ecoutez ça, les aminches;
les escarpes et les marlous,
c'est l'histoire d'un drôle de grinche,
tronche d'amour, gueule de voyou.
C'est une histoire féroce
qui f'ra pleurer les frangins,
qui fera chialer les gosses
de Belleville jusqu'à Pantin.
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
non ça n'est pas mon histoire.
C'est l'histoire triste et sordide
d'un gigolo d'la Vache-Noire
qu'aimait d'un amour stupide
une bourgeoise des boul'vards.
L'avait pas une gueule trop moche,
sous sa casquette de fortif,
y traînait à la Bastoche,
où c'est qu'y jouait du canif.
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
non ça n'est pas mon histoire.
C'était le roi des barrières,
l'as de la java musette,
l'tombeur des bals populaires,
d'la Chapelle à la Vilette.
Enfin bref, c'était l'bon jules
pas bégueule et presque honnête,
il avait pas trop d'scrupules
d'gagner sa croûte à Montmartre.
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
non ça n'est pas mon histoire.
Mais l'angoisse c'est qu'un beau soir
il a rencontré c'te môme,
son sourire en balançoire,
ses grands airs et ses diplômes.
L'aurait mieux fait d'la maquer
su'l'trottoir pour 300 balles,
plutôt que d's'amouracher
de cette salope en cavale.
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
non ça n'est pas mon histoire.
Depuis qu'il l'a dans la peau,
c'est plus l'marlou qu'j'ai connu,
y parle de s'mettre au boulot,
de plus traîner dans les rues.
Pour y offrir des dentelles,
y renonce même au fric-frac,
aux coups d'surin et d'semelles,
aux combines et à l'arnaque.
Les escarpes et les marlous
qui traînez su'l'macadam,
faites-vous plutôt couper l'cou
qu'd'en pincer pour une grande dame.
Pleurez pas dans vos mouchoirs,
non ça n'est pas mon histoire
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
Germaine
Elle habitait Germaine
Une chambre de bonne
Quelque part dans l'cinquième
A coté d'la Sorbonne
Les WC sur l'pallier
Une fenêtre sur la cour
En haut d'un escalier
Qu'avait jamais vu l'jour
Et sur les murs sans joie
De ce pauvre boui-boui
Y avait Che Guevara
Les Pink Floyd et Johnny
Sur l'vieille électrophone
Trop souvent détraqué
Elle écoutait les Stones
Et Maxime le Forestier
Germaine, Germaine
Une java ou un tango
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Qu'importe le tempo
Germaine, Germaine
Un rock'n'roll ou un slow
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Et que j't'ai dans la peau
Ça sentait bon chez elle
L'herbe et le patchoulis
Le parfum des poubelles
Au petit matin gris
On buvait de la bière
Et du thé au jasmin
Assis en rond parterre
Sur un tapis indien
Les voisins du dessous
Etaient bien sympatiques
Quand on f'sait trop les fous
Ils se plaignaient qu'aux flics
Enfin bref chez Germaine
C'était vraiment byzance
Tous les jours de la s'maine
On était en vacances
Germaine, Germaine
Une java ou un tango
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Qu'importe le tempo {oh oh}
Germaine, Germaine
Un rock'n'roll ou un slow
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Et que j't'ai dans la peau {poil au dos}
Mais quand elle est partie
Un jour pour Katmandou
Moi j'vous jure les amis
Ça m'a fichu un coup
Sur la place Saint Michel
Où elle trainait parfois
On parle encore d'elle
Des sanglots dans la voix
Moi j'ai repris sa piaule
Mais c'est plus comme avant
C'est même plus vraiment
Drôle elle me manque souvent
Mais son électrophone
Elle me l'a laissée
Comme ses disques des Stones
Et de Maxime le Fox-terrier
Germaine, Germaine
Une java ou un tango
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Et qu'j'aime la Kanterbraü
Germaine, Germaine
Un rock'n'roll ou un slow
C'est du pareil au même
Pour te dire que je t'aime
Et que j't'ai dans la peau
Publié le 13/12/2007 à 12:00 par cheznancy1
En cloque
Elle a mis sur l' mur
Au dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau
Dans la chambre du gosse
Bravo
Déjà les p'tits anges
Sur le papier peint
J' trouvais ça étrange
J' dis rien
Elle me font marrer
Ses idées loufoques
Depuis qu'elle est
En cloque
Elle s' réveille la nuit
Veut bouffer des fraises
Elle a des envies
Balaises
Moi, j' suis aux p'tits soins
J' me défonces en huit
Pour qu'elle manque de rien
Ma p'tite
C'est comme si j' pissais
Dans un violoncelle
Comme si j'existais
Plus pour elle
Je m' retrouve planté
Tout seul dans mon froc
Depuis qu'elle est
En cloque
Le soir elle tricote
En buvant d' la verveine
Moi j' démêle ses pelotes
De laine
Elle use les miroirs
A s' regarder dedans
A s' trouver bizarre
Tout le temps
J' lui dit qu'elle est belle
Comme un fruit trop mûr
Elle croit qu' je m' fous d'elle
C'est sûr
Faut bien dire s' qu'y est
Moi aussi j' débloque
Depuis qu'elle est
En cloque
Faut qu' j' retire mes grolles
Quand j' rentre dans la chambre
Du p'tit rossignol
Qu'elle couve
C'est qu' son p'tit bonhomme
Qu'arrive en Décembre
Elle le protège comme
Une louve
Même le chat pépère
Elle en dit du mal
Sous prétexte qu'il perd
Ses poils
Elle veut plus l' voir traîner
Autour du paddock
Depuis qu'elle est
En cloque
Quand j' promène mes mains
D' l'autre côté d' son dos
J' sens comme des coups de poings
Ça bouge
J' lui dis "t'es un jardin"
"Une fleur, un ruisseau"
Alors elle devient
Toute rouge
Parfois c' qu'y m' désole
C' qu'y fait du chagrin
Quand j' regarde son ventre
Puis l' mien
C'est qu' même si j' devenais
Pédé comme un phoque
Moi j' serai jamais
En cloque